Monique Juteau
La Tirelire des tendresses
À l'été 2020, au sortir de la pandémie, Interzone-Art me demandait de préparer une performance en m’inspirant d’une des œuvres présentées dans le cadre de cette édition. Oui, ça m’arrive de sortir de ma zone de confort d’écrivaine pour aller vers la performance interactive. J’ai alors choisi «Tirelire» de Jean-Pierre Gaudreau, œuvre installée sur les murs défraîchis de l’ancien cinéma Roxy.
Afin de respecter les règles de distanciation toujours en vigueur à l’époque, j’ai proposé une manœuvre sous forme de micro-trottoir (vox pop), une ou deux personnes à la fois dans l'intimité d'une confidence. Après un confinement printanier plutôt éprouvant, comme on avait un immense besoin de tendresses, j’ai intitulé ce micro-trottoir «La tirelire des tendresses».
Des participants de tous les âges livrent avec humour et simplicité ce qu’est la tendresse. Et quand je leur demande qui pourrait être ministre d’un éventuel ministère de la Tendresse, les réponses sont variées et surprenantes. À la caméra, Joseph Jean Roland Dubé (JJRD) a capté avec beaucoup d’expérience, de doigté et de discrétion ces moments inoubliables.
La Tirelire des tendresses
Une manoeuvre de Monique Juteau, un documentaire de JJRD.
Hélène Vallée, photographie
Josette Villeneuve, logistique
Monique Juteau est avant tout écrivaine, mais dans son désir d’aller à la rencontre des gens, elle invente toutes sortes d’animations et de manœuvres artistiques interactives. Elle a publié six recueils de poésie aux Écrits des Forges dont «Des jours de chemins perdus et retrouvés», prix littérature Gérald-Godin. Romans et récits de voyage balisent également son parcours littéraire. Très jeune, elle part pour Vancouver où elle noircit des carnets d’anecdotes et de doutes. Un prix Radio-Canada vient conforter son désir d’écrire la route.
Dans «Voyage avec ou sans connexion» (éd. Art le Sabord) et «Le voyage a dit» (éd. Varia), elle nous raconte l’Asie au jour le jour. Mais avec les années, les souvenirs de famille refont surface. Une suite poétique évoquant son père lui a valu le prix de poésie Félix-Antoine-Savard. Le roman «Le marin qui n’arrive qu’à la fin» (éd. Hamac) brosse le portrait d'une famille à travers ses joies, ses maladresses et ses élans de tendresse.